Attention, risque de famine !

09/05/2019 13:18

On signale ici ou là des pertes de colonies dues à la famine. Il convient donc de se rendre au rucher et de surveiller très attentivement les signes éventuels de détresse envoyés par une colonie qui est en train de mourir de faim. Pas question d’ouvrir ni de lever des cadres … tout se passe à l’extérieur :

1 : Soupesez les ruches délicatement et essayez d’estimer si elles vous paraissent lourdes ou plutôt légères en tenant compte de la masse d’abeilles (4 à 5 kg) et de couvain.

2 : Observez le trou de vol ainsi que l’herbe devant la ruche :

                      Présence de faux-bourdons adultes ou de nymphes décapitées, abeilles mortes en grand nombre ou traînantes, pattes, antennes de nymphes d’ouvrières alors il faut agir vite !

Que faire ?

Si la colonie est faible et n’a plus de forces, il faut verser quelques cuillérées à soupe de sirop 50/50 tiède entre les ruelles directement sur les abeilles et sur le haut des cadres puis placer un nourrisseur avec un peu de sirop 50/50 (1/2 à 3/4 litre environ) tiède lui aussi (30°C). Dès que les abeilles survivantes auront repris des forces, remplacez le sirop par une nourriture solide de type candi ou miel cristallisé ou encore du sucre en poudre légèrement humide dans des nourrisseurs couvre-cadres (150 ml d'une solution sucrée contenant 1/3 de sirop lourd et 2/3 d'eau versée sur 1 kg de sucre cristallisé. Ne pas brasser). 

N’oubliez pas de bien isoler le dessus de la colonie pour permettre aux abeilles de monter au chaud.

Si la colonie n’est pas encore en situation critique, c’est le moment de mettre les derniers morceaux de candi, pots de miel qu’il vous reste ou sucre cristallisé (cf ci-dessus)  en attendant des jours meilleurs !

Le sirop 50/50 est possible mais il apporte beaucoup d'eau que la colonie devra gérer alors que l'air extérieur est saturé à 100% d'humidité. D'autre part certaines races, comme la buckfast, sont très sensibles à cet apport et risquent de poursuivre une ponte excessive. Les nourrices seront sollicitées et en l'absence de rentrées de pollen, elles seront épuisées avant d'être butineuses. Les larves seront mal nourries donc moins performantes à l'âge adulte. Au final, les défenses immunitaires de la colonie  seront fortement affaiblies. 

Si l'on veut garder le principe de stimulation, il vaut mieux remplacer le sirop par une pâte protéinée (sirop de nourrissement + levure de bière désactivée ou pollen à parts égales + eau-10 ml/kg et sucre glace pour obtenir une consistance pâteuse mais non coulante, ferme mais pas dure !) 100 à 200g à placer directement sur la tête des cadres.

Et après ?

Les colonies subissent actuellement un très gros stress (confinement, élevage, absence de pollen, famine). Il conviendra de bien observer les signes de maladies qui pourraient en résulter à la sortie de cette période de mauvais temps et de repousser les opérations techniques que vous aviez prévues (divisions…) Il faut attendre que la colonie retrouve son équilibre alimentaire et sa sérénité sans quoi vous risquez de déclencher des loques, des viroses ou une mycose...

Enfin, ce type de météorologie favorise l’élevage des reines dans les colonies. Préparez votre matériel et faites un peu de fitness en salle car la première semaine de beau temps risque d’être sportive !

Contact

Rucher Ecole du Chablais rucherecoleduchablais@gmail.com